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Vocation

L’origine latine du mot Vocation est Vocare, à savoir l’appel. Le sens premier de la vocation est donc religieux – « un appel venant de Dieu » – avant de devenir une « inclination, un penchant impérieux qu’un individu ressent pour une profession, une activité ou un genre de vie ».  J’ai choisi de partir de la question de la vocation artistique pour élargir cette thématique. Pourtant, il y a une part du mystère que je peux prendre en compte sans pouvoir la mesurer, celle des hasards nécessaires qui guident parfois nos choix nos vies.  A-t-on vraiment le choix lorsqu’on parle d’appel ? 

Est-ce que je vis la bonne vie ? Ai-je la conviction d’être là où je dois être et de faire ce que je dois à faire ?Ce sont tous les possibles d’une vie humaine, les métiers, les rencontres, les causes, les amours qu’on aura pas eu le temps d’explorer, parfois par peur, qui sont ici convoqués. Il ne s’agit pas de nostalgie pour ce qu’on ne connait pas mais d’un sentiment de vertige face aux possibilités de l’existence . Selon la philosophe et psychanalyste Anne Dufourmantelle qui m’a guidé durant ce travail, la vocation est dans la réponse que l’on donne à un appel.  Dans Eloge du risque, elle développe l’idée que l’intensité de nos vies se mesure aux risques que l’on aura pris. Et cette intensité est redoublée par le fait que nous sommes mortels. Cette idée est centrale dans mon spectacle. A cela s’ajoute une dimension sociale, celle que nous ne naissons pas toutes et tous avec les mêmes cartes au départ et que les déterminismes sociaux qui nous conditionnent font partie de nos choix de vie. 

J’ai choisi deux personnes que quarante ans séparent. L’un est un acteur professionnel averti et l’autre une jeune adolescente avec qui j’ai travaillé sur Passion simple d’Annie Ernaux. Elle symbolise pour moi, des années précieuses de théâtre amateur. La voir grandir sur scène au sens propre et figuré a été très riche dans cette recherche sur la vocation. En face d’elle, un acteur dont la dimension tragi-comique est désarmante. Je n’ai jamais considéré l’aveu de vulnérabilité comme un aveu de faiblesse mais bien au contraire comme une puissance dont je cherche à charger chaque acteur et chaque actrice qui entre en scène. Ces deux corps cote à cote m’ont raconté quelque chose de bien plus vaste qu’eux, qui, pour reprendre les mots d’Annie Ernaux ‟m’a relié davantage au monde ».  J’ai voulu vous donner accès à ces deux êtres là.

Emilie Charriot

© Photos Sébastien Agnetti
© Photos Sébastien Agnetti
© Valerianne Poidevin
© Photos Sébastien Agnetti
© Photos Sébastien Agnetti
© Agnès Mellon
© Photos Sébastien Agnetti
© Photos Sébastien Agnetti
© Agnès Mellon
© Photos Sébastien Agnetti
© Photos Sébastien Agnetti
© Agnès Mellon

Voir les dates

Création Vidy
Avril 2021 – 1h

Mise en scène
Emilie Charriot
Création lumières
Yan Godat
Interprétation
Pierre Mifsud, Nora Kramer

Collaboration artistique
Anne Delahaye
Marcin de Morsier
Valérianne Poidevin
Mathieu Jaccard

Préparation physique  
Anne Delahaye

Production
Compagnie Emilie Charriot

Coproductions
Théâtre de Vidy – Lausanne
Théâtre Saint Gervais – Genève
Bonlieu – Scène Nationale – Annecy
Esapce Malraux – Scène Nationale -Chambéry
Le Phénix – Scène Nationale – Valenciennes

Soutiens
Canton de Vaud
Ville de Lausanne
Loterie Romande
Pro Helvetia
Fondation Jan Michalski
Fondation Ernst Göhner
Fondation Nestlé pour l’Art
Fondation Leenaards

Contact presse

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