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King Kong Théorie

Une danseuse, une actrice, un plateau nu. C’est sans artifices, sans véhémence non plus qu’Émilie Charriot adapte l’œuvre coup de poing de Virginie Despentes. Dans un verbe cru et maîtrisé, l’auteure y relate notamment son viol et son expérience de la prostitution. Simple mais jamais simpliste, la mise en scène s’appuie sur la force du texte, sur ses paradoxes, sur sa complexité pour mieux mettre en lumière son universalité. Derrière la militante afeurent l’écrivain et surtout l’individu, qui théorise sur son vécu.

Plus qu’une charge féministe, King Kong Théorie se vit ici comme le récit d’une émancipation, comme l’afrmation, crâne et galvanisante, d’une liberté. Celle d’un être humain qui entend rester debout, quoi qu’il arrive, quel que soit le risque encouru. Faire simple est une qualité qui s’acquiert généralement au fil des années. Pour sa première mise en scène, Émilie Charriot, jeune diplômée de La Manufacture – Haute école des arts de la scène de Suisse romande, a fait preuve d’une étonnante maturité. Rien de superflu dans le travail de cette artiste franco-suisse, qui s’attache à l’essence peut-être plus encore qu’à l’essentiel. Organiser la rencontre entre un auteur et un acteur, faire tinter le texte dans toutes les nuances de sa sonorité, lui donner une corporalité propre à émouvoir et à toucher : voilà les préoccupations qui irriguent le théâtre de cette comédienne de formation.

Avec minutie, Émilie Charriot façonne ses pièces au plus près d’un plateau qu’elle connaît pour l’avoir ellemême occupé sous la direction de Massimo Furlan, Jean-Louis Hourdin ou encore Oskar Gómez Mata. Le résultat est surprenant, jamais ostentatoire et en même temps évident, à la fois délicat et violent, apaisé dans la forme et sans concession sur le fond. Pour sa prochaine création, Émilie Charriot se penche aujourd’hui sur une autre figure meurtrie: Ivanov, en lequel elle voit un homme brisé. Incapable, lui aussi, de «vivre comme il faut».

Texte Laurence Perez

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© Agnes Mellon
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Voir les dates

Création Arsenic
Octobre 2014 – 1h35

Mise en scène
Emilie Charriot
Interprétation
Julia Perazzini
Géraldine Chollet
Regards extérieurs
Piera Honegger
Delphine Rosay
Création lumières et régie
Yan Godat
Réalisation du film/
collaboration artistique

Valérianne Poidevin
Regard dramaturgique
Igor Cardellini

Production
Cie Emilie Charriot
Coproduction
Arsenic – Centre d’art
scénique – Lausanne
Soutiens
Ville de Lausanne,
Loterie Romande,
Fondation Jan Michalski –
pour la littérature et l’écriture,
Fondation Emilie Gourd,
Fondation Ernst Goehner,
Fondation Nestlé pour l’art,
Corodis,
Pro Helvetia – Fondation suisse
pour la culture
SIS

Contact presse

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